
Donkey Kong a passé des décennies à frapper des tonneaux. Dans Donkey Kong Bananza, il parvient enfin à frapper le monde lui-même.
Bananza ressemble à une réinitialisation majeure pour Donkey Kong. Le mouvement est immédiat et satisfaisant, DK transportant une forte sensation d’élan tout en restant facile à contrôler. S’écraser sur le terrain devient rapidement le gadget déterminant du jeu, mais il ne perd jamais son attrait. Creuser des tunnels, démolir des murs et parcourir des sections entières de l’environnement fait appel à la même expérimentation ludique qui rend les jeux Mario 3D si mémorables.
Cette créativité s’étend sur plus de 15 niveaux remplis d’objets de collection, de défis de plateforme et de chemins cachés. L’exploration est toujours enrichissante, en particulier avec les gemmes et les fossiles de Banandium dispersés dans toutes les zones. Certains des meilleurs moments viennent simplement du fait de grimper en tant que Donkey Kong et de voir ce que le jeu vous permet de casser ensuite. La bande originale mérite également des éloges, mélangeant du nouveau matériel avec des sections inspirées de Donkey Kong Country qui ressemblent à un retour en arrière intelligent plutôt qu’à une nostalgie vide.
Pauline est une autre vedette. Elle travaille bien aux côtés de DK sans devenir autoritaire, et l’histoire légère du jeu donne aux deux personnages suffisamment de charme pour rester engagés tout au long de l’aventure d’environ 25 heures. Les combats de boss sont également un point fort de la majeure partie du jeu, équilibrant le spectacle avec des mécanismes inventifs. Les transformations ajoutent également de la variété, même si certaines sont mieux utilisées que d’autres. Kong et Zebra se sentent pleinement intégrés dans l’aventure, tandis que des formes comme Snake semblent sous-développées et à peine nécessaires.
Le jeu n’est pas sans problèmes. Bananza traîne parfois, surtout vers la fin. Le combat de boss final semble étrangement fastidieux par rapport aux boss relativement faciles qui l’ont précédé, créant un pic de difficulté qui semble gênant plutôt que satisfaisant. La caméra peut également devenir frustrante lors de rencontres plus importantes.
Les objets de collection sont un autre point mitigé. Il y a tellement de gemmes Banandium que les trouver peut commencer à sembler aléatoire, et il n’y a guère d’incitation à tout collecter complètement, car la progression demande rarement beaucoup d’efforts. Les fossiles souffrent d’un problème similaire car la plupart des récompenses de tenues semblent au mieux facultatives. Bananza manque également d’une organisation et d’un rythme serrés trouvés dans les meilleurs jeux Mario 3D de Nintendo, ce qui donne l’impression que certaines parties de l’aventure sont gonflées malgré sa créativité.
Diddy Kong et Dixie Kong sont également malheureusement sous-utilisés. Leurs apparitions ressemblent plus à des camées qu’à des inclusions significatives, ce qui se démarque dans un jeu par ailleurs désireux de célébrer l’histoire de Donkey Kong.
Pourtant, Donkey Kong Bananza réussit là où cela compte le plus. Cela rend Donkey Kong à nouveau excitant. Entre ses mécanismes de destruction inventifs, sa présentation solide et son exploration véritablement amusante, il s’agit d’une première vitrine importante pour la Nintendo Switch 2 et l’un des jeux de plateforme les plus créatifs de Nintendo depuis des années. Les surprises qui attendent vers la fin ne font que renforcer ce sentiment pour les joueurs assez chanceux pour éviter les spoilers.
8,5/10
Objectif Pokémon :
Donkey Kong Bananza reflète le trait le plus fort de Pokémon : rendre l’exploration enrichissante même lorsque la boucle de jeu principale reste simple. La chasse aux gemmes et aux fossiles de Banandium provoque une démangeaison similaire à celle du remplissage d’un Pokédex, bien que Bananza ait plus de mal à donner à ces objets de collection une valeur durable. Comme Pokémon, le jeu se nourrit de personnalité, que ce soit à travers des animations expressives, une conception du monde colorée ou l’alchimie entre DK et Pauline. Il partage également l’habitude récente de Nintendo de donner la priorité à la liberté et à l’expérimentation plutôt qu’à une structure plus stricte.



